„Sans peur chez moi“

Conférence „Sans peur chez moi“ - Prévenir les punitions corporelles auprès des enfants et des adoles-cents. Mot de bienvenue d’Yvonne Feri, conseillère nationale et présidente de Protection de l’enfance Suisse

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis vivement que vous m’ayez invitée à cette conférence en tant que présidente de la fondation Protection de l’enfance Suisse. En effet, la fondation Protection de l’enfance Suisse considère comme centrale la réflexion sur la question de savoir comment les enfants et les jeunes peuvent être protégés de la violence dans tous les domaines.

Comme vous le savez certainement,  la Suisse a ratifié la Convention de l’UNO relative aux droits de l’enfant en 1997. Autrement dit, voici 20 ans, notre pays s’est engagé à assurer aux enfants de Suisse une protection complète contre la violence.

Par cet acte, la Suisse a entre autres reconnu que la période de vie comprise entre 0 et 18 ans devait être considérée comme méritant une protection particulière. Car on sait aujourd’hui que la violence sous toutes ses formes – par exemple physiques, psychiques, sexuelles ou résultant de la négligence – a des effets durables et affecte les enfants et les jeunes toute leur vie durant.

Nous savons tous que les enfants sont susceptibles de faire l’expérience de la violence dans beaucoup de domaines très divers. Cet après-midi, nous abordons un sujet tabou: la violence sous forme de châtiments corporels infligés par les parents à leurs enfants.

Les châtiments corporels...

  • ébranlent la confiance qu’a l’enfant dans ses parents; 

  • affaiblissent sa confiance en soi; 

  • favorisent un comportement agressif; 

  • et perturbent son développement social, intellectuel et émotionnel.


Des études montrent que la propension des jeunes à la violence à l’encontre de leurs pairs augmente en fonction de la fréquence et de la gravité de la violence que leur ont infligée leurs propres parents: ceci génère une spirale de la violence. 


Et pourtant, j’entends souvent répéter: «Une gifle n’a encore jamais fait de mal à un enfant!» De toute évidence, nombre de parents et de détenteurs de l’autorité parentale n’ont  malheureusement pas pleinement conscience des séquelles entraînées par la violence physique mais aussi psychique.

En Suisse, on ne possède pas de chiffres actuels concernant le comportement punitif des parents: quelles sont les formes, quelle est l’étendue, quelle est l’importance des châtiments physiques et psychiques dans les pratiques éducatives de la vie courante? Qu’est-ce que les responsables légaux considèrent comme «violence»? L’Université de Fribourg a réalisé une étude représentative sur le comportement punitif des parents en Suisse à la demande de Protection de l’enfance Suisse. Les résultats détaillés seront présentés en automne de cette année.

Nous avons à disposition les premiers résultats provisoires concernant la définition personnelle de la violence. Ces derniers indiquent que pour les parents, ce qu’on entend par violence dans l’éducation n’est pas du tout clair:

  • Ainsi, près de 20 pour cent des parents interrogés ne considèrent pas une gifle comme une violence.
  • Près de 30 pour cent ne considèrent pas comme violence une forte tape sur le derrière;
  • pour 12 pour cent des parents interrogés, une raclée n’est pas non plus une violence.

Ce sont là des chiffres effrayants, ne trouvez-vous pas?

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de rejeter entièrement la faute sur les parents: la politique a également sa part de responsabilité. Or jusqu’ici, la politique fédérale n’a pas réussi à édicter de normes juridiques claires. Il manque en Suisse des lois qui montrent sans aucune ambigüité aux parents que les châtiments corporels et autres mesures humiliantes n’ont pas leur place dans l’éducation. Cette lacune a par deux fois fait l’objet d’observations adressées par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU à la Suisse, et ce pour la dernière fois en 2015.

Pour la fondation Protection de l’enfance Suisse, il est donc clair que des actions s’imposent, notamment à deux niveaux:

  1. Au niveau législatif: il faut des normes claires. Un ancrage juridique du droit des enfants à une éducation sans violence clarifie les choses et agit comme un appel lancé préventivement aux parents et aux détenteurs de l’éducation parentale.
  2. Au niveau de l’information/de la sensibilisation: outre une loi, il y a besoin de mesures d’information et de sensibilisation adéquates. Les parents et les détenteurs de l’autorité parentale doivent connaître des alternatives qui soutiennent un style d’éducation positif, sans violence et participatif. Des études provenant de pays européens, entre autres d’Allemagne et de Suède, montrent que les normes juridiques combinées à des mesures de sensibilisation entraînent un recul durable de la violence dans l’éducation. Et ce même chez les parents ouvertement favorables aux châtiments corporels et qui ne se montrent pas très disposés à changer d’attitude.

En matière de sensibilisation et d’information, le NCBI a un rôle important à jouer. Avec le projet «Pas de Claques» qui sera présenté cet après-midi, il réunit des adultes et des enfants et traite la question des châtiments corporels sur un mode participatif. C’est précisément par la participation des enfants et l’intégration directe des parents que le projet a des effets si durables sur la prévention de la violence, comme l’ont montré les résultats de l’évaluation du projet. Un travail exemplaire!

Mesdames, Messieurs,

Nous partageons tous la vision selon laquelle les enfants peuvent grandir sans violence dans la dignité et la protection, leurs droits sont respectés et leur intégrité protégée. Nous œuvrons tous sans ménagement à ce que cette vision devienne chaque jour un peu plus réalité. Et je vous remercie tous pour cela du fond du cœur!

Merci!

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